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Que ce soit pour faire une haie basse taillée ou bien une haie champêtre, la préparation est très similaire. La première opération consiste à labourer le terrain, soit à la bêche s’il s’agit d’un jardin ou à l’aide d’un tracteur pour une grande longueur. Ce qui est important, c’est de rendre la terre meuble sur une profondeur importante pour favoriser la pénétration des racines. En effet pour que les arbres résistent à la sécheresse de l’été, ils devront aller chercher de l’eau en profondeur. Un arbre issu d’un semis naturel a un système racinaire équivalent en volume à son branchage. Lors de la plantation, le volume de racine est limité (d’autant que l’arbre planté est grand) et il est nécessaire que la plante reconstitue au plus vite ses racines. On privilégiera des plants de petites tailles (entre 30 et 80 cm à partir du collet) dont la reprise est beaucoup plus facile. Dans un sol meuble le bêchage se limitera à la hauteur de la fourche alors que sur un sol compacté, il est préférable de casser la semelle de labour (environ 40 à 50 cm). Lorsque cela est possible, on utilisera une sous-soleuse plutôt qu’une charrue afin d’ameublir le sol sans le retourner.

Les plants peuvent être mis sur une seule ligne ou disposés en quinconce sur deux lignes

 

Disposition des arbres

Il est recommandé de mettre en place un paillage. Il aura pour but de :
limiter l’envahissement des herbes qui concurrencent les jeunes plants lors des premières années ;
favoriser le réchauffement du sol au printemps (améliore le développement des racines) ;
limiter l’évaporation de l’eau au cours de l’été ;

Les techniques de paillage sont diverses. La plus répandue est la mise en place d’un film plastique (tissé ou non). Celui-ci restera à demeure et disparaîtra sous la végétation après plusieurs années. Une autre technique plus marginale consiste à mettre de la paille à la place du film plastique. On déroulera un round ball de paille sur le sol préparé. Ce paillage biodégradable aura, de part cette qualité, une tenue beaucoup plus faible. Tout comme le film plastique, il devra être enterré sur les bords afin de résister aux intempéries (en particulier le vent).

 

Technique de paillage

Les films sont disponibles dans les jardineries ou les coopératives agricoles. 

Si la plantation se fait sous film plastique, il faut ouvrir celui-ci à l’endroit souhaité.

Le plastique est écarté et de la terre est retirée à l’aide d’une pelle. Avant la mise en place du plant, ce-dernier est préparé en coupant les racines abîmées et éventuellement celles qui sont trop longues par rapport au trou que l’on est capable de faire.


Les racines peuvent être pralinées, c’est à dire trempées dans un mélange de terre et d’eau. Cette opération n’est pas nécessaire dans un sol meuble si la terre enveloppe correctement les racines. Pour cela, la terre sera pressée au pied du plant en veillant que les racines restent les plus verticales possibles.


Une fois le plant en place, une feuille plastique est glissée autour de celui ci et sous le film. Du sable est mis au pied pour maintenir l’ensemble.

 

Premièrement, il est nécessaire de connaître la nature du terrain. Est-il constamment humide ou bien au contraire sèche-t-il très rapidement après une forte pluie ? La meilleure façon de faire le bon diagnostique est d’observer la végétation existante :

  • un terrain humide se caractérise par la présence de saule, d’aulne mais également de jonc, de parelle (rumex hydrolapathum). Une forte densité de bouton d’or (ranunculus flammula) présage également une forte humidité dans le sol.
  • un terrain sec (ou plutôt séchant rapidement) convient au châtaignier, au merisier. La présence de muguet est également un bon indicateur. Les terrains argileux peuvent être gorgés d’eau l’hiver et très sec l’été (au moins en surface), or certains arbres ne supportent pas l’humidité prolongée (tilleul par exemple) et d’autres ont besoin d’eau constamment (le cas de l’aulne). Un arbre comme le chêne pédonculé est très tolérant quant à la nature du sol et c’est pour cette raison qu’il se trouve un peu partout dans l’Ouest. Le tableau qui suit indique les terrains qui semblent convenir le mieux à chacune des espèces.
  Espèce terrain
humide
toute
l’année
terrain
humide
l’hiver
terrain
drainant

feuillage

persistant (P)
ou caduc (C)

principaux
avantages
pour la faune :

F : fruits
N : nids
M : fleurs

Arbustes Prunellier x x x c N, M
Aubépine   x x c F, N, M
Troène   x x p F, M
Fusain   x x c F
Buis     x p abri l’hiver
Cornouiller sanguin   x x c F, N, M
Noisetier   x x c F
Bourdaine x     c F, M
Houx   x x p F, N, abri
Cytise     x c M
Néflier   x   c F, M
Cerisier de Ste Lucie     x c F, M
Nerprun     x c F, M
Cassis x x   c F, M
Groseillier rouge   x   c F, M
Groseillier à maquereau     x c F, M
Eglantier   x x c F, N, M
Framboisier   x   c F, M
Sureau noir   x x c F, M
Viorne obier   x x c F, M
Lierre   x x p F, N, M
Genet d’Espagne     x p M
Argousier     littoral c F, N
Arbres moyens Aulne glutineux x     c F
Saule blanc x     c  
Saule roux x     c  
Peuplier tremble x x   c  
Poirier commun   x x c F, N, M
Sorbier des oiseaux   x x c F, M
Alisier torminal   x x c F, M
Erable champêtre   x x c F, M
Bouleau x x x c  
If commun     x p F
Charme   x x c N
Pommier sauvage   x   c F, N, M
Merisier     x c F, M
Chêne vert     littoral p abri
Robinier faux acacia   x x c N, M
Cormier     x c F, M
Orme champêtre (1)   x x c  
Arbres de haut jet Chêne pédonculé x x x c F, N
Pin sylvestre   x x p F
Erable sycomore   x x c F, M
Tilleul à petite feuille     x c F, M
Châtaignier     x c F, M
Hêtre     x c F
Frêne x x x c N
Noyer commun   x x c F
Platane   x   c N

(1) en raison de la graphiose (maladie de l’orme) seuls les sujets jeunes peuvent subsister. Rejetant facilement de souche ils peuvent être recéptés tous les 10 ans et ainsi ne pas être atteints par cette maladie. C’est pour cette raison qu’il a été classé parmi les arbres moyens et non parmi les arbres de haut jet.

Des plantes grimpantes telles que le lierre, le chèvrefeuille ou la clématite peut venir enrichir une haie. Certains arbustes d’ornement sont également intéressants par leur floraison tels que lilas, seringat, forsythia, laurier tin, weigelia, groseillier fleur, buddleia, mahonia.

Il faudra être vigilant à associer des espèces dont la croissance est proche : ne pas planter un buis dont la croissance est lente entre un prunellier et une aubépine, car ceux-ci auront étouffé le buis en quelques années.

Concernant la haie champêtre, la méthode proposée par Dominique SOLTNER est particulièrement intéressante. Ce spécialiste des haies nous invite à reconstituer la structure des haies bocagères, à savoir une alternance d’arbres de haut jet, d’arbres moyens et d’arbustes.

schéma de plantation

     

Le schéma de plantation est une séquence de 6 arbres : 
- 1 arbre de haut jet 
- 2 arbres moyens 
- 3 arbustes Ils sont disposés comme indiqué sur la figure ci dessous :

disposition des arbres

     

Afin d’avoir un aspect le plus naturel possible, il est souhaitable que les séquences successives soient différentes. Ainsi pour une haie de 80 mètres de longueur avec un espacement de 1 mètre entre chaque plant il faudra se procurer : 

14 arbres de haut jet 
27 arbres moyens 
40 arbustes

 

Faut-il nourrir les oiseaux en hiver ? Cette question, un brin provocatrice, devrait plutôt se décliner en «pourquoi nourrir les oiseaux ?» et «comment faut-il nourrir les oiseaux ?»

Commençons par le pourquoi, et nous verrons que suivant la disposition et la nature du jardin, le nourrissage peut être parfois utile, parfois superflu.

La plupart des oiseaux du jardin (passereaux) qu’ils soient granivores ou insectivores ont besoin de se constituer une couche de graisse pour se protéger des basses températures (quoique le plumage soit plus efficace en terme d’isolation) mais aussi comme réserve d’énergie si la nourriture devenait subitement inaccessible à la suite de chute de neige par exemple.

Les mésanges qui ont privilégié une nourriture riches en protéines au cours du printemps et de l’été (insectes) vont dès le mois d’août commencer à inclure dans leur régime alimentaire des graines riches en lipides. A noter que les oiseaux migrateurs vont également se constituer des réserves de graisse qui seront en quelque sorte le carburant nécessaire à leur long périple.
Dans un environnement préservé et équilibré, les ressources en graines ne manquent pas (pas plus que les insectes au printemps) et le nourrissage est dans ce cas superflu. Revenons en quelques mots sur ce que signifie un environnement préservé et équilibré : dans nos régions de bocage, lorsque les haies ont été conservées, un grand nombre de plantes offrent à partir du mois d’août des fruits et des graines en profusion.


Vous connaissez le noisetier et je vous assure que la mésange n’a aucune difficulté à perforer la coque et à en extraire l’amande. Mais il y a également beaucoup de plantes qui nous paraissent insignifiantes et qui sont tout aussi indispensables à la survie des oiseaux (séneçon, mouron, plantain, …). Pensez-y lorsque vous arracherez ces herbes folles qui poussent au fond du jardin. La mésange continuera à se nourrir d’insectes tant que ceux-ci seront accessibles. La ronde des mésanges l’hiver dans les branchages d’une haie ne sont qu’une recherche effrénée d’insectes se cachant dans le creux des écorces.

A contrario, si votre jardin ou ceux qui entourent le vôtre ne sont que pelouses stériles entourées de haies de thuyas, les oiseaux ne pourront guère compter sur les ressources du milieu pour se nourrir. Le nourrissage comme un substitut se justifie alors. C’est malheureusement le cas de la plupart des jardins de ville ou de sa périphérie : charmant jardinet bien entretenu mais relativement pauvre en ressources. Dans l’absolu, si tous les jardins étaient entourés de haies bocagères et si des herbes sauvages étaient maintenues dans un coin du jardin, le nourrissage ne serait probablement pas nécessaire ou réservé à des conditions climatiques extrêmes.
Le nourrissage vient donc en compensation d’un milieu que nous avons dégradé. Je ne saurais que trop vous recommandé d’améliorer les ressources naturellement disponibles plutôt que d’investir dans la dernière mangeoire «grand luxe».

Maintenant que nous savons pourquoi nous devons (ou pas) nourrir les oiseaux, venons-en au "comment ?".

Ce chapitre justifierait un article à lui seul. J’évacue d’emblée la problématique des pies, des geais et des étourneaux qui viennent piller la nourriture que nous avions déposée à l’exclusivité de ces-si-gentilles-petites-mésanges ! Vous connaissez comme moi les astuces pour n’avoir que les mésanges à déjeuner : suspendre une boule de graisse au bout d’un fil. Néanmoins j’ai vu des pies, qui à l’aide de leur bec et de leurs pattes, remontaient vers elles la boule comme on tire un seau du puits. La boule arrivant à portée de bec, elle volait en éclat. Finalement, la pie avait bien mérité son festin.
Nourrir les oiseaux, c’est accepter de nourrir tous les animaux qui fréquentent le jardin : les désirés et les indésirables. Il n’est pas dit que les mésanges se plaignent de la présence d’étourneaux : ils seront les premiers à donner l’alarme vis-à-vis d’un épervier se faufilant entre les toits des maisons.

A propos du type de mangeoire, je n’ai pas de conseil particulier à donner. Il y a la mangeoire construite à partir d’une bouteille plastique munie d’un distributeur et les mangeoires très sophistiquées ressemblant à un petit chalet suisse. Verdier, pinson, rouge-gorge ou accenteur sont moins à l’aise dans les postures acrobatiques que les mésanges et préfèrent les mangeoires plateau. Les merles et les grives apprécient les pommes coupées par la moitié et laissées sur la pelouse. Ne pas oublier la boisson. Si votre jardin n’est pas équipé d’une mare, il est important que les oiseaux trouvent de l’eau tant pour boire que pour se baigner (même lorsque la température avoisine le 0 degré Celsius). Le récipient idéal est un grand dessous de pot peu profond. Celui-ci sera placé dans un endroit bien dégagé et l’eau devra être changée régulièrement.
L’emplacement choisi tant pour le point d’eau que pour la mangeoire, devra tenir compte de la sécurité des oiseaux vis-à-vis d’éventuel prédateur et en particulier des chats. Mieux vaut mettre la mangeoire éloignée de la maison si autour de cette dernière aucun lieu propice n’est disponible. Certes la tentation est grande de vouloir profiter du spectacle du ballet des oiseaux, confortablement installé dans le fauteuil du salon, ou de la fenêtre de la cuisine. Si cela est possible il ne faut pas se priver de ce plaisir, mais le message que je veux faire passer c’est qu’il ne faut pas mettre sa propre satisfaction devant le but du nourrissage hivernal : permettre aux oiseaux de survivre pendant ces mois difficiles.

Article : François Bourdet
Crédit Photo : Dominique Boucharel 

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